Android est mort, vive Google Play

J’avoue : j’étais totalement passé au travers de la nouvelle phare du secteur des applications mobiles, jeudi dernier : L’Android Market est mort, remplacé par Google Play. Nous sommes lundi, 4 jours de retard sur une info aussi stratégique, mea culpa, maxima.

En même temps, si je suis passé au travers, c’est que la plupart des médias que je consomme normalement, y compris spécialisés, n’en ont pas parlé. Du tout. C’est l’excellent président des Editions Digitales (oh grand skippy de la pensée applicative) qui nous a partagé un papier d’Applicationandroid.com ce matin. Tiens, mais au fait, lui aussi il a mis 4 jours à réagir ! :-)

Car la nouvelle n’est pas anodine, loin de là.

D’abord et avant toute chose, Google, qui contrôle donc l’OS des terminaux Android, a effacé à distance les applications « Android Market », pour les remplacer par « Google Play ». Cette faculté, qui existe également sur l’OS d’Apple, n’a pourtant jamais été utilisée à ce jour par la marque à la pomme. Elle n’a rien d’anodin. Cela veut dire que Google, qui s’affirme libre est ouvert, a en fait conçu son OS afin d’en garder toujours, par delà les opérateurs mobiles et les constructeurs, ses « partenaires », la faculté de contrôler les téléphones et tablettes Android à distance. Dans le cas présent, Android Market ne donnait pas de résultats suffisamment satisfaisants sur le plan commercial ? Qu’à cela ne tienne,on le suicide et le remplace par un autre ! Chez Apple, MobileMe a bien été arrêté pour céder la place à ICloud, mais c’est un suicide à petit feu, qui s’étale sur 18 mois, avec une longue, longue période de transition, pendant laquelle les deux solutions coexistent. Chez Google, pas d’états d’âme. La veille vous surfiez sur l’Android Market, le lendemain sans crier gare, vous voilà sur Google Play.

Quand Raider est devenu Twix…;

Ensuite, Google n’est définitivement pas une entreprise mécène ou bienfaitrice de l’Humanité. Comme les autres, sa fonction est de gagner de l’argent, pour payer ses salariés, ses loyers, ses serveurs, sa bande passante, financer sa R&D, rémunérer ses actionnaires. Bref. Quand Google a décidé « d’offrir » au monde un OS « libre » pour les terminaux mobiles (après l’échec de Chrome OS pour les ordinateurs), c’était une stratégie marketing, autrement appelée dumping, visant à diffuser son logiciel rapidement et facilement, avec pour finalité de gagner de l’argent non en licenciant le logiciel contre royalties, mais en s’en servant pour vendre « autre chose ».

Aujourd’hui, logiquement, les deux sources de revenus sur les terminaux mobiles sont les applications. Le remplacement de l’Android Market par Google Play est bien la preuve que Google compte bien essayer de faire au moins aussi bien qu’Apple en la matière.

Et la deuxième source de revenus, encore balbutiante mais en croissance exponentielle, est la publicité sur mobile, en particulier géolocalisée. Et là, Google est très, très fort en la matière sur le web. Les AdWords lui permettent de gagner des milliards de dollars chaque année, « sans effort », automatiquement, en rendant un vrai service aux annonceurs qui cherchent des clients pour leurs services et leurs produits, et aux utilisateurs ravis du moteur de recherche de Google. Un service lui aussi gratuit, comme Android OS, alors qu’il n’y a pas si longtemps, on devait payer.

 

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