La mort de Steve Jobs : une bonne nouvelle

La mort de Steve Jobs est une bonne nouvelle.

Pas pour sa famille, qu’il chérissait. Pas pour Apple, à laquelle il manquera énormément. Les prochains produits qu’elle commercialisera ne seront plus « Jobs approved ». Pas pour ses amis, pas pour les fans de la marque et pas pour l’industrie informatique en général, qui ne sera  plus soumise à la pression innovatrice et visionnaire du génialissime gourou.

Non, la mort de Steve est une excellente nouvelle pour… le capitalisme.

Que le patron de l’entreprise la plus chère au monde en valorisation boursière, dont les réserves de cash, 76 milliards de dollars, sont supérieures à celles du Trésor américain, dont les produits sont résolument positionnés haut de gamme, et dont la réputation de manager le classait parmi les durs de durs, soit pourtant célébré comme une rock star le jour de sa mort, est totalement inconcevable et déconcertant. Devant chacun des 367 Apple Store, des dizaines de bouquets de fleurs disputaient le trottoir à des tombereaux de déclaration d’amour à Jobs. Qui sur Post-it, qui sur carte de visite.

Qu’un patron aussi charismatique que colérique puisse être à ce point adulé par les foules anonymes du monde entier, mais aussi, nombre de reportages réalisés aux abords du siège de la société à Cupertino l’ont montré, par ses salariés, ne peut que réjouir les entrepreneurs qui se sentent mal aimés. Non, tous les patrons, même ceux qui font travailler leurs équipes 90 heures par semaine (Steve Jobs avait même fait imprimer des T-shirt avec la mention 90 h/week pour l’équipe qui créa le Macintosh), ne sont pas tous des salauds profiteurs. Quand ils disparaissent, ils méritent messages d’amour et fleurs et tous les grands de ce monde, politiques, grands patrons, concurrents, se prosternent devant son oeuvre.

L’autre bonne nouvelle induite par la disparition de Steve Jobs, c’est qu’à cette occasion, des centaines de mini-Jobs sont sortis du bois, revendiquant une filiation réelle ou autoproclamée avec l’inventeur et entrepreneur de génie. Quand bien même la moitié d’entre eux ne seraient que des loosers, ou même, de simples Bill Gates (lui a su surfer sur la vague de génie créatif des débuts de Jobs, et monétiser avant lui ses idées en lançant Windows 1.0, pâle copie du système d’exploitation du premier Mac), on peut raisonnablement espérer être éblouis demain par des « baby-Jobs ».

Osons maintenant faire une suggestion à Laurene Jobs : Les grands mathématiciens sont récompensés par la médaille Fields, les grands savants, par le prix Nobel. Que ne récompenseriez-vous pas, chère Laurene, les grands entrepreneurs des nouvelles technologies, par un prix qui porterait le nom de votre époux par nous tous regrettés ? Le prix Jobs permettrait assurément de continuer le rêve de Steve, pendant de longues décennies, au travers de tous ses lauréats.

Son rêve, et de facto, nos rêves, qu’il a su mieux que quiconque transformer en réalités.

 

 

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Une reponse a La mort de Steve Jobs : une bonne nouvelle

  1. Excellent !
    oui restons fous…d’entreprendre
    Nathalie